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LE SPECTACLE AU CAF’-CONC’

 

 

Alors qu'il ne s'agissait au départ que d'agrémenter la consommation avec un orchestre et quelques chansonnettes, certains cafés-concerts ont fini par ressembler de plus en plus à des salles de spectacles. La vogue était telle que c'est une véritable industrie qui a vu le jour à la Belle Époque.

Sous la pression des théâtres, qui redoutaient la concurrence, les chanteurs de caf’-conc’ n'avaient d'abord été autorisés à se produire qu'en costume de ville, sans aucun accessoire ni décors mobiles. Mais lorsqu'en 1867 la loi leur a donné plus de liberté, le théâtre s'est aussitôt invité au caf' conc'.
Ce n'était donc plus seulement pour écouter de la musique ou des chansonnettes qu'on y venait. On pouvait aussi y assister à de petites scènes: longs monologues, saynètes à deux, pochades et autres fantaisies, ou encore y voir des acrobates, des mimes.
Un nombre incalculable de pièces de théâtre ont alors été créées au café-concert. Enfin, il y avait les revues, dont la mode semblait ne jamais vouloir s'arrêter.

Les salles se sont agrandies, laissant place à des décors parfois somptueux et à des spectacles d'une grande variété. La disposition des lieux a évolué en conséquence, les tables séparées des cafés cédant peu à peu la place à des sièges alignés face à la scène, ainsi qu'à des galeries.

Même si certaines revues pouvaient durer jusqu'à deux heures, le cadre du café-concert ne laissait en général place qu'à des pièces assez courtes. Les dizaines de pièces en un acte qui ont ainsi été créées chaque année, bien qu'ayant été, pour la plupart, éditées, sont totalement oubliées. Tout comme leurs auteurs… (quelques uns sont présenté sur cette page.)

 

Vaudeville et opérette

Dans les années 1870, les pièces jouées dans les cafés-concerts étaient presque uniquement des vaudevilles ou des opérettes en un acte. La salle la plus active en ce domaine était sans conteste l'Eldorado.

Il est peut-être utile ici de rappeler ce qu'on entend par vaudeville. Le vaudeville avait d'abord été une chanson chantée sur un air connu de tous, puis la «pièce à vaudevilles» était devenue par commodité un «vaudeville». Jusqu'au début du vingtième siècle, le vaudeville a donc désigné une pièce de théâtre dans laquelle étaient intercalés quelques passages chantés sur des airs connus.
Quant à l'opérette (le terme n'est apparu que dans les années 1850), elle avait la même forme, mais les airs étaient de nouvelles compositions. La majorité des pièces du caf'-conc' comprenaient donc des intermèdes chantés.

À partir des années 1900, ces deux genres très proches se sont séparés. Le vaudeville a perdu ses couplets et est devenu ce qu'il est aujourd'hui, une comédie habilement construite, reposant principalement sur le quiproquo. L'opérette, elle, a presque disparu des cafés-concerts, au profit du vaudeville ou plus généralement de la comédie. Tandis qu'elles perdaient leurs couplets, les pièces se sont aussi étoffées, avec de plus en plus souvent deux actes.


La Revue

Le spectacle le plus en vogue de toute cette époque était vraisemblablement la revue.
Comme son nom l'indique, on y passait en revue les événements de l'année, avec un fil conducteur souvent assez ténu. Le spectacle, qui comprenait des scènes jouées et des chansons, était mené par un couple d'artistes: le compère et la commère.
Véritable miroir de l'actualité quotidienne, la revue mettait en scène des personnages représentant des événements, des objets ou des personnalités qui, pour une raison ou une autre, avaient marqué le public cette année là. Il est difficile aujourd'hui d'apprécier ce qui a pu faire rire les spectateurs, car bien souvent on n'y faisait référence qu'à une actualité bien éphémère.

Le succès de ces revues était suffisant pour qu'elles soient parfois jouées durant deux à trois mois. D'abord hivernales – il sagissait de clore l'année passée –, elles ont fini par être programmées à tout moment.

La revue n'était pas un genre nouveau. Mais au fil des années, les mises en scène sont devenues très élaborées et la revue est devenue un grand spectacle. Les auteurs en étaient les mêmes que ceux qui fournissaient les cafés-concerts en pièces de théâtre, bien que certains se soient plus spécialisés dans ce genre.

Quelques revues sont présentées plus en détail sur cette page.

 

PierrotLa pantomime

La pantomime avait presque disparue vers 1860, peu après le triomphe de Deburau. Mais la mode en a été relancée par le Cercle Funambulesque, fondé en 1888. Tous les cafés-concerts ont suivi et ont programmé des pantomimes au même titre que les autres pièces. Cette mode, même si elle était à son apogée dans les années 1890, a duré jusqu'à la fin de la Belle Époque.

Si, au début, le personnage de Pierrot était bien présent, il a vite disparu pour permettre à l'intrigue de gagner toute sa liberté.

 

 

 

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